Scale AI poursuivie en justice pour surveillance des travailleurs en Europe
En bref
- Cinq plaintes déposées contre Scale AI en Europe pour collecte intrusive de données via Outlier.
- La plateforme impose jusqu’à 16 traceurs sur les ordinateurs des annotateurs, incluant biométrie et données financières.
- Les travailleurs, souvent sous-payés, subissent une dépendance économique à ces pratiques.
Cinq plaintes ont été déposées contre Scale AI dans quatre pays européens (France, Italie, Pays-Bas, Autriche) pour ses pratiques de surveillance des annotateurs de données via sa plateforme Outlier. Selon les plaignants, la société déploie jusqu’à une quinzaine de traceurs sur les ordinateurs des travailleurs, collectant des données sensibles, biométriques et comportementales, sans consentement explicite.
Les organisations à l’origine des plaintes, dont noyb et DipLab, s’appuient sur un rapport de 45 pages révélant que les travailleurs, souvent des freelances sous-payés, subissent une collecte intrusive de données personnelles. Ces pratiques, incluant reconnaissance faciale et vérification d’identité, pourraient enfreindre le RGPD, notamment le principe de minimisation des données.
Cette affaire met en lumière les conditions de travail dans l’industrie de l’annotation de données, essentielle à l’IA, où des entreprises comme Meta, OpenAI ou Google externalisent massivement des tâches à des travailleurs précaires, tout en accumulant des données stratégiques.
Ce que ça change pour vous
- Ressources humainesLes entreprises externalisant des tâches d'annotation doivent revoir leurs pratiques de collecte de données pour se conformer au RGPD et éviter des poursuites similaires.
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